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Gilles de Beauchene Fine Art

Gilles de Beauchene Fine Art
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Gilles de Beauchêne, photographe-compositeur

On dit souvent de la photographie qu’elle est un art de la composition. A cette aune, Gilles de Beauchêne peut être tenu pour le photographe même.

Par composition, cependant, il ne faut pas entendre ici une simple habileté à organiser l’espace à l’intérieur du cadre et à bien agencer ses différents éléments : il s’agit d’une création, exactement comme en musique composer n’est pas disposer des notes sur une partition mais faire naître une mélodie, donner vie à une harmonie, ériger à partir d’une langue et d’une syntaxe – le solfège – une architecture sonore.

C’est en ce sens qu’on peut dire de Gilles de Beauchêne qu’il est compositeur : il invente un espace en le peuplant d’éléments qu’il façonne et assemble ainsi qu’un artisan, ou qu’il fait fabriquer parfois au bout du monde, ou bien encore qu’il emprunte au règne végétal et animal.
Or, rien n’est moins commun en photographie que de créer une image. Le plus souvent, l’artiste saisit une scène, fixe un instant, capture un visage, aménage des perspectives, interprète un trait ou une couleur. Il dérobe une matière préexistante qu’il sait magnifier … mais sans l’avoir inventée. La photo, affirme Roland Barthes dans la Chambre claire, est « la saisie de ce qui est, l’authentification même, et ce qu’on voit sur le papier est aussi sûr que ce qu’on touche. »

Rien de tel avec Gilles. Son univers est une scène, un laboratoire de métamorphoses et d’hybridations. Il déploie une ample machinerie, monte des décors, lance ses troupes à l’assaut des modèles (coiffeuse, maquilleuse, styliste …) et fait passer chaque cliché, œuvre palimpseste, à l’alambic du photoshop et des superpositions d’images.

D’où cette magnifique et vigoureuse impression de théâtralité qui s’en dégage.

On sent, derrière le déclic du photographe, le difficile et silencieux travail de la coulisse, la patte de plusieurs corps de métier, le soin scrupuleux pris à monter autant qu’à montrer, autrement dit à mettre en scène aussi bien qu’à donner à penser. Et comme toute construction, il faut du temps, parfois six mois ( !) entre la conception d’une image, les premiers croquis à main levée et la phase de production proprement dite.

Notons que Gilles dessine toujours avant de photographier. Sans le crayon, sans les épures initiales, son objectif est impuissant. L’intérêt visuel et la capacité à représenter graphiquement viennent toujours en premier. Cela rappelle par exemple John Howe, dessinateur canadien illustrateur de Tolkien, qui dit : « Ce que je ne réussis pas à dessiner me reste étranger ».

Construite après avoir été imaginée et dessinée, l’image est la résultante d’un assemblage. En cela, elle se rend comparable – esprit du jeu compris – à un grand puzzle formant un spectacle luxuriant, une œuvre baroque. Et comme aucune pièce ne doit manquer sur un puzzle et que chacune y a une importance égale à toutes les autres, de même les détails et les éléments du décor – ici un billet de banque de Mandchourie, là une branche de prunus de Thaïlande, un insecte, un jouet d’enfant, une perle … – concourent à la beauté et à l’équilibre de cette fresque narrative qu’est chaque photo de Gilles.

On pourra alors parler tant qu’on voudra de peinture et évoquer – à bon droit – les influences de David Roberts, d’Urgate, de Norman Rockwell, ou encore d’un Rubens pour la luxuriance des portraits. On pourra également souligner, tout aussi justement, les réminiscences du 7e art, de Matrix ou d’Alien à Tim Burton. Certes. Mais ce qui me frappe par-dessus tout dans ces œuvres relevant d’un art supposé spontané et fugitif, c’est le sens de la construction, cette façon unique de proposer sur le papier ou sur la plaque un théâtre vivant et matériel où les choses se glissent entre les êtres, où signes et sensations circulent entre les modèles comme les fourmis sur le corps ou comme la lumière entre les arbres.

Montage de scènes, mises en scène et démonstration de sens par les scènes imaginées : voilà où excelle Gilles de Beauchêne. Ce qui en fait un illusionniste dans la veine de Méliès (autre grand maniaque de décors et inlassable bricoleur de scènes !), un petit cousin de ce si sympathique baron de Münchhausen épris de fantaisie dans un monde rationaliste et désenchanté, et un continuateur de certaines expériences tentées par Jérôme Savary avec le Magic Circus.

Car, au-delà d’une inspiration arts déco, la photographie de Beauchêne est un cirque magique.

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